Les Amis de Sainte Foy et sa Région
Société d'Histoire

Revue n°107

Le destin de jeunes pessacais mobilisés pendant la Grande Guerre est évoqué, en l’absence d’archives familiales ou de témoignages, à partir de registres d’état civil et de registres de matricules. Leur destin est associé aux noms des offensives et grandes batailles en France, dans les Balkans, en Italie ou Allemagne, au cours desquelles ils ont perdu la vie pour 29 d’entre eux ou subis de graves blessures pour d’autres. Pour les familles, le drame de la disparition d’un fils, d’un époux, d’un frère est souligné. Dans le village de Pessac-sur-Dordogne, la vie quotidienne est bouleversée, les privations, le manque d’hommes pour les travaux agricoles, le manque de vétérinaire, le sursis du boulanger. Les dépouilles de soldats pessacais sont inhumés dans le Nord du pays, le devoir de mémoire se met peu à peu en place, le Conseil Municipal de Pessac-sur-Dordogne fait poser une plaque sur laquelle sont inscrits les noms des morts pour la France.

Pessac-sur-Dordogne, un village dans la Grande Guerre

Nous nous intéresserons à la réalité des négociants en vins pendant la Seconde Guerre mondiale, par l’intermédiaire de la société Grenouilleau, fondée en 1820 à Sainte-Foy-la-Grande. La société, fleurissante avant la guerre, jouit d’une renommée internationale, exportant dans le monde entier des vins girondins mais également bergeracois, notamment de Monbazillac. Au début de cette guerre, la ville est en zone libre, son administration rattachée au département de la Dordogne. La position du négociant, coincée entre les directives de l’administration vichyste et les difficultés matérielles et humaines des producteurs, est rendue délicate. Avec l’armistice, la France est désignée premier fournisseur agricole de l’Allemagne et les vins sont l’objet de la convoitise allemande. Le marché allemand devenu prioritaire, les nazis contrôlent tout et nomment des agents d’importation du vin français qui achètent le plus possible de vins soit pour la consommation soit pour transformation en carburant, les prix flambent. A la libération, de nombreux courtiers furent jugés pour profits illicites.

Être négociant en vins pendant la Seconde Guerre mondiale : les établissements Grenouilleau

Il était difficile d’évoquer les établissements Grenouilleau sans présenter, Auguste Grenouilleau, personnalité foyenne, président du Conseil d’administration de la société de négoce mais également membre de plusieurs organisations syndicales et professionnelles et engagé dans des sociétés sportives et caritatives.

Auguste Grenouilleau (1887-1982)

Derrière ses activités connues, se dissimule un auteur de texte et poèmes, de sa jeunesse jusqu’aux derniers instants de sa vie.

La branche directe d’Auguste Grenouilleau est explorée par A. Morel dans une généalogie remontant au XVIIe siècle

Généalogie foyenne : le famille Grenouilleau

Nous restons dans la Seconde Guerre mondiale avec le « retour à la Terre », orientation phare de l’État français en 1941, qui se traduisit à Sainte-Foy-la-Grande par l’assainissement de la vallée des Beunes. Des travailleurs Indochinois, acheminés depuis les protectorats d’Extrême Orient, détachés du Camp de Creysse associé à la poudrerie de Bergerac, seront les premiers à être envoyés sur le chantier, ils y resteront jusqu’en 1943.  C’est alors qu’arrivent un contingent de 650 jeunes dont 15 foyens. Le témoignage de l’un d’entre eux, décrit les conditions difficiles subies par les Indochinois et découvertes à l’arrivée sur ce chantier : outillage inadapté, nourriture insuffisante, infrastructures inexistantes.  Ces conditions sont relevées et dénoncées par le maire de Sainte-Foy-la-Grande, Bertin-Rouleau, maréchaliste convaincu. Cette dénonciation a mis l’administration vichyssoise devant ses contradictions.

1943 : Bertin-Roulleau et l’affaire des jeunes Foyens requis pour assainir la vallée des Beunes

Note de lecture : Albert Camus, Elisée Reclus et l’Algérie  

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