Les Amis de Sainte Foy et sa Région
Société d'Histoire

Revue n°106

Le succès remporté auprès du public par nos précédents numéros thématiques- Les Juifs à Sainte-Foy-la-Grande (1939-1944), La ligne de chemin de fer Libourne-Bergerac, Commerce et artisanat, Mémoires de la Grande Guerre en Pays foyen, L’Aquitaine révoltée- a encouragé le comité de lecture dans cette mutation qui consiste à envisager le Pays foyen sous un éclairage bien spécifique, d’où cet intitulé pour le cahier spécial 2015 :

Identités protestantes en Pays foyen

Nous donnons ici une sélection d’articles qui s’articule, grâce entre autres à l’apport de trois nouvelles plumes historiennes, autour de la notion d’identité protestante. La cité foyenne et ses environs immédiats ont été profondément marqués par l’empreinte calviniste dès les prémices de la Réforme en France. Plutôt qu’une histoire chronologique du protestantisme local, ce sont des éléments documentaires sur lesquels se focalise le lecteur auquel est proposée une réflexion sur l’influence religieuse et sociale, voire très culturelle qu’ont exercée et qu’exercent encore – dans une moindre mesure cependant que par le passé – les protestants sur la vie de la région foyenne.

Le XIXe siècle apparaît comme le siècle fondateur du protestantisme moderne de par l’émergence, non seulement de figures intellectuelles majeures bien connues des Foyens mais aussi d’interrogations théologiques neuves qui ont profondément transformé la vie des églises réformées et provoqué la naissance de communautés dissidentes qui ont tenu à affirmer leur existence à côté de l’église institutionnelle.

Présenté par Maryse Deshayes, le parcours d’Edouard Grimard, rattaché d’emblée à la « galaxie Reclus » par ses liens avec Elie puis avec Élisée, est marqué par le collège protestant de Sainte-Foy où son père et lui-même ont enseigné. Figure essentielle du réseau calviniste issu du Sud-Ouest, le voilà lui aussi chez l’éditeur Hetzel, « botaniste et littérateur » où il pourra développer, comme Élisée, ses talents de pédagogue auprès du public éclairé. Ce juste retour d’un grand oublié de la mémoire foyenne illustre le grand foisonnement intellectuel qui a donné à Sainte-Foy ses lettres de noblesse au XIXe siècle. Dans l’étude pionnière proposée par Ghislain Verral :

Le « petit temple » de l’avenue de la gare à Sainte-Foy

construit en 1911, apparaît comme le point d’aboutissement d’un long processus de l’affirmation portée par les protestants de l’Église Réformée Évangélique, les « orthodoxes », soucieux de montrer leur différence jusque dans la pierre. Ainsi, la troisième tendance dispose-t-elle à son tour d’un lieu hautement symbolique, un étendard en quelque sorte. Force ou faiblesse du protestantisme local s’interroge l’auteur, amorçant ainsi une réflexion d’ensemble sur la manière dont cette religion et ses particularismes ont influé sur les mentalités. Que reste-t-il de l’identité huguenote qui longtemps imprima son empreinte sur le Pays foyen se demande l’auteur de ces lignes ? Quels courants théologiques et sociétaux liés au Réveil – Jacques Reclus et Alexandre Henriquet faisant figures de précurseurs – ont à la fois provoqué un renouveau spirituel et introduit les germes de la division ? Comment s’est réalisée l’unification amorcée dans la souffrance pendant la première moitié du XXe siècle, comment se présente désormais la sphère religieuse et culturelle, voire politique au sens large, encore sous influence des valeurs et de la mentalité protestantes ? Le vaste panorama brossé sur deux siècles invite aux interrogations sur la pérennité même de cet héritage dans une vision très contemporaine, rarement sollicitée par ailleurs.

La Généalogie de la famille Corriger

– encore une étude pionnière – qui a donné des représentants talentueux et estimés comme Jean et Paul Corriger. On retrouve à travers ces figues le souci de l’éducation populaire comme le goût pour la création originale.

Le massacre en 1562 du capitaine Razat et de sa troupe par les protestants foyens

Sous le règne de Charles IX, , montre assez combien, pendant les guerres de Religion, les efforts des hommes de bonne volonté étaient souvent ruinés par la soif de vengeance et de haine.

Saluons la parution, en 2015, du Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours (tome I A-C), sous la direction de Patrick Cabanel et André Encrévé, Éditions Max Chaleil, Paris, à la rédaction duquel ont contribué plusieurs auteurs foyens.

Nous soulignons par ailleurs l’importance, en 2015 de :

L’inauguration de la place des Justes par la municipalité de Pineuilh

Près de 4000 Justes parmi les nations sont ainsi honorés en France pour avoir protégé, caché, sauvé des Juifs sous l’Occupation. Nous rassemblons quelques documents ainsi que le témoignage de Simon Oungre, faisant écho à nos précédents travaux de mémoire.

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