Le grand historien Yves Dossat retrace l’histoire de la fondation de la bastide de Sainte-Foy en évoquant en premier lieu son créateur, Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX. Alphonse fit un rapide tour de l’Agenais en 1251, sans jamais venir sur les bords de la Dordogne. Cependant à l’issu de cette rapide inspection des décisions importantes furent prises : la désignation d’un sénéchal Simon Claret pour réorganiser l’administration de ce territoire et le désir d’Alphonse d’étendre son domaine et d’affermir son autorité. La création des bastides fut le moyen pour atteindre ces objectifs. Ainsi Sainte-Foy fut édifiée à l’extrême pointe de l’Agenais, Monclar et Monflanquin au nord du Lot. L’historien remarque que le terme de bastide évoque l’idée de paréage, contrat entre un seigneur laïque ou ecclésiastique qui apporte la terre et les droits de justice et le comte qui apporte les moyens financiers et matériels, son autorité couvre l’association, les profits et les charges sont partagés. Mais les trois bastides susnommées échappent à ce modèle mais adopte la méthode de Raymond VII, qui avait crée de nombreuses bastides en triomphant des obstacles par des moyens plus ou moins honnêtes. Ainsi le sénéchal Claret avant d’avoir obtenu l’accord de tous les intéressés fit procédé aux opérations d’arpentage, cet acte donna lieu à une enquête puis une ordonnance de Réformation « De bastidis novis ». Le sénéchal quitta sa charge mais ses successeurs perdirent toute initiative, les enquêteurs Guillaume Roland et Philippe d’Eaubonne furent les véritables « pères » de la bastide. Ils menèrent les négociations avec le représentant de l’abbé de Conques, veillèrent à prévenir des revendications de la part des coseigneurs de Pineuilh en définissant leurs droits réciproques. Aucun document de ces transactions nous sont parvenus, seul l’acte d’Alphonse est connu. La situation de la bastide en bord de rivière permet la surveillance de la navigation, son territoire délimité par des cours d’eau facilite sa défense, sa topographie permit un tracé quadrangulaire aux rues en échiquier. En créant la bastide en aval de Bergerac, Alphonse de Poitiers réduit les ambitions du Roi-Duc Henry III sur le territoire. Les coutumes reçues par Sainte-Foy en 1256 ont servi de modèle aux franchises de Monclar et Monflanquin et certainement à d’autres bastides y compris en territoire anglo-gascon. Le succès. Ces franchises furent confirmées en 1292, par le roi Edouard 1er puis par Charles de Valois et encore dans les lettres patentes de Charles XII en 1498. Les habitants furent rapidement nombreux dans la bastide, s’y sentaient-ils à l’étroit ? Leurs attaques de sujets du roi-duc le laissent supposer mais certains se firent prendre, Alphonse de Poitiers dû intervenir pour pacifier la situation, son objectif étant de sauvegarder la paix qui régnait depuis 1259 par le traité de Paris. La bastide fut un centre administratif, économique et militaire. La création des bastides contribua au redressement financier du royaume de France, impacté par les dépenses de la croisade. De Monclar à Sainte-Foy, Alphonse de Poitiers tenait les extrémités de la route menant du Lot à la Dordogne permettant d’éviter les terres du roi-duc, signe d’une politique mûrement réfléchie. Sainte-Foy resta un point important de passage de la Dordogne, aisé en 1305 grâce à un pont de bateaux.
La protection de la bastide semble avoir été assurée depuis les origines par un simple mur, pas très élevé et des portes et la présence d’un châtelain. La bastide a d’ailleurs joué militaire notamment pendant la guerre d’Aquitaine en 1296, période pendant laquelle Robert d’Artois séjourné à Sainte-Foy. De nombreuses fluctuations entre le roi -duc et le roi de France entrainèrent des dommages à Sainte-Foy, les consuls demandèrent ainsi l’autorisation de fortifier la ville en 1326.
Les consuls firent confirmer leurs coutumes en 1324, confirmation qu’ils évoquèrent pour obtenir le respect de leurs privilèges en matière de justice, notamment à l’encontre du sénéchal qui citer les habitants à Marmande ce que les coutumes ne lui autoriser pas.
Il faut retenir le rôle d’Alphonse de Poitiers qui permit aux habitants de Sainte-Foy de bénéficier d’importants privilèges et qui a élevé ce lieu faiblement peuplé au rang de cité.
Les débuts de la bastide de Sainte-Foy-la-Grande
Michel Villemiane nous présente un texte conservé aux archives municipales qui décrit les inspections réalisées par un échevin juge de police accompagné d’un procureur syndic, dans les moulins et cabarets pour contrôler l’étalonnage des mesures. Au-delà de l’anecdote se déroulant au moulin de Monbreton, ce texte illustre les préoccupations de la jurade foyenne en ce qui concerne le commerce des grains. Toutefois, les mesures différentes en fonction des paroisses pouvaient entrainer des confusions.