Pierre Thomas, fit un passage sur le territoire foyen à partir de 1782, pour seconder le pasteur Marche. Après avoir renoncé de partir pour l’Angleterre en 1790, il siégea au tribunal révolutionnaire auprès du représentant de Robespierre et participa au club de la Ferraille. En avril 1794, Thomas fut désigné par le représentant de Robespierre, avec sept autres pour administrer le département. Cette fonction ne l’enchanta pas et il démissionna le 20 juillet 1794 après avoir accepté la nomination à la mairie de Bordeaux. Un nouveau Conseil Général de la Commune fut installé le 21 juillet. Thomas s’engagea à marcher invariablement dans la ligne révolutionnaire. L’exécution de Robespierre, trois semaines plus tard, entraina une série d’arrestations et d’exécutions, Thomas ne fut pas inquiété. Mais rapidement l’illégalité du remplacement de l’ancienne municipalité fut dénoncée par le Représentant du peuple. Thomas fit remarquer que nul membre du Conseil n’a demandé sa place …il resta maire de Bordeaux. Il fut délégué pour réclamer l’abrogation du décret du 6 août qui avait mis hors la loi les fédéralistes Girondins. Le succès de sa mission fut salué avec joie par les bordelais. Thomas échappa à divers règlements de compte, il regagna Sainte-Foy. Il fut nommé en 1799 commissaire du Directoire exécutif près l’administration du département de la Gironde, il célébra l’œuvre de la Convention dans les fêtes publiques. Après le coup d’État de Bonaparte, et malgré les reproches faits pour son attitude pendant la Terreur, il fut nommé pasteur de Bordeaux. Il démissionna rapidement ses arguments pour expliquer cette attitude n’ayant pas suffi. Il accepta alors la place de pasteur à Sainte-Foy où les réformés lui témoignaient de l’affection. En 1815, au retour des Bourbons, Thomas livra un discours ouvertement hostile à la royauté. Les réactions des royalistes furent virulentes, Thomas se retira de sa charge mais poursuivit son engagement. Ruiné il demanda de l’aide et fut nommé pasteur de Montcarret.
Un pasteur de Sainte-Foy, maire de Bordeaux, Pierre Thomas
Nous retrouvons dans cet article de Michel Villemiane, un arrière-petit-fils du pasteur Thomas en la personne de Paul Broca. Benjamin Broca, père de Paul fut médecin des armées de l’Empire avant de devenir médecin dans la région de Sainte-Foy, connu sous le surnom de « médecin des pauvres ». Paul naquit à Sainte-Foy et y fit ses études au collège protestant. Son père le détourne de son choix de polytechnique pour pouvoir lui succéder. Ses brillantes études de médecine débute à l’âge de 17 ans à Paris et fut reçu premier en 1853 à l’agrégation et chirurgien des hôpitaux. L’activité scientifique de Broca fut prédominante, il fit sortir l’anthropologie de l’ethnologie pour devenir la science de l’homme et sa réputation en neurologie fut mondiale. Après sa mort, une statue fut érigée à Paris sur la place de la faculté de médecine mais à Sainte-Foy, la municipalité refusa l’érection de statue, le Préfet de la Gironde imposa celle-ci sur une place appartenant au réseau routier départemental. La statue fut envoyée à la fonderie par les allemands en 1942.
Paul Broca (1824-1880)
Hommage par Paul Bert à Pierre Gratiolet (1815- 1865), natif de Sainte-Foy, mena après des études de médecins, une carrière de d’enseignant avec plus ou moins de succès au Muséum avant de devenir tardivement professeur titulaire à la Faculté des sciences de Paris. Malheureusement la mort l’emporta à 49 ans. Il laissa de nombreuses études en zoologie mais aussi des observations sur l’anatomie comparée de l’homme et des singes anthropomorphes.
Mort du Professeur Gratiolet
Contemporain et ami de Gratiolet, M. Grandeau revient sur la vie de Pierre Gratiolet, son enfance à Bordeaux, ses années de collège à Paris, ses études de médecine, sa vocation pour les sciences, ses difficultés pour acquérir une chaire d’enseignement mais également un tour d’horizon de ses recherches et études.