Les Amis de Sainte Foy et sa Région
Société d'Histoire

Revue n°62

Après le Révocation de l’Édit de Nantes, s’est tenue en 1745, la première grande assemblée tenue au désert, dont est porté à notre lecture le procès-verbal. Six à huit mille personnes se sont retrouvées au lieudit du Fauga sur les bords de la Dordogne, le dimanche 21 février. Lecture en chaire, prêche, chant de Psaumes, baptêmes furent réalisés. Depuis 2 mois, la rumeur de cette assemblée courrait dans Sainte-Foy et ce n’est que 2 jours avant l’assemblée que les catholiques eurent confirmation mais les consuls de Sainte-Foy n’étaient pas en état de s’opposer à cette réunion : les catholiques ont été consternés.  M. de Tourny, intendant et commandant de Bordeaux fut informé le 22 février, notamment de la tenue d’une deuxième assemblée prévue pour le dimanche suivant. Il envoya un grand prévôt de la maréchaussée avec onze brigades pour empêcher ce rassemblement. Les responsables protestants sommés de se rendre à Bordeaux pour rendre compte de leur conduite, promirent de ne plus s’assembler. L’évêque d’Agen, averti, se déplaça vers Sainte-Foy mais tout était déjà pacifié : des brigades étant déployées sur Bergerac, Issigeac, Eymet, Duras, Gensac, Castillon pour empêcher les gens de s’embarquer vers le Fauga. L’évêque d’Agen prêcha le dimanche 28 à Sainte-Foy et parla aux religionnaires de leur faux zèle et de leur imprudence.

L’Assemblée au désert du Fauga, février 1745

Toujours au XVIIIe, intéressons-nous maintenant aux perruquiers établis à Sainte-Foy. En 1786 ils s’entendirent pour réglementer leur profession. Les statuts furent établis par le notaire royal de Sainte-Foy, Monsieur Brun. Ce texte illustre parfaitement ce qu’était une corporation à la veille de la Révolution et comment les artisans s’efforçaient de limiter la concurrence. Le texte se compose de 40 articles qui fixent : le nombre de perruquiers, l’élection annuelle d’un syndic, leur enseigne, les peines encourues pour exercice de la profession par des habitants non habilités, la qualité des perruques employées, la formation d’apprenti, les conditions de cession des privilèges de perruquiers, les produits interdits de vente par un perruquier, les règles à respecter entre perruquiers, …

Statut des perruquiers de Sainte-Foy (1786)

Un texte de Jean Corriger datant de 1949 est repris pour évoquer Sainte-Foy en 1849. L’hôtel de Ville, la place d’armes, les couverts à l’époque présents sur les quatre côtés, les rues et leur éclairage mis en usage en 1842, d’abord à l’huile puis au pétrole. Cet éclairage, allumé chaque soir par l’allumeur de réverbères, fera de Sainte-Foy une ville Lumière. Puis passage par l’église, le chemin de halage en travaux pour création de quais, la maison des Filles de la Foi qui abrite le collège protestant depuis 1825 et le collège enfant chéri de la municipalité jusqu’en 1848, les écoles confessionnelles et leurs subventions, la création d’une école publique. Nous découvrons des bâtiments disparus : la chapelle des Cordeliers encore visible en 1849, la halle aux marchandises qui sera déplacée en 1854, la Porte de Bergerac, la Porte Tourny avec ses tours carrées, les promenades à l’emplacement des actuels  boulevards  Garreau et  Gratiolet, la faïencerie Brian. Les évènements politiques nationaux et les municipaux sont rappelés pour mieux éclairer ces bâtiments, ces places et rues, ….une promenade qui remonte le temps avec érudition

Sainte-Foy il y a cent ans

L’article suivant met en avant l’éloge de Paul Reclus pendant la séance annuelle de la société de chirurgie du 22 janvier 1919. La famille Reclus est relatée depuis Jacques, le père de Paul, jusqu’à la naissance des cinq frères dont Paul fut le dernier.  Enfant sensible, collégien brillant à Sainte-Foy puis lycéen à Nîmes, il mena des études de médecine à Paris, il s’engage pendant la guerre de 1870 comme franc-tireur, est entraîné par ses frères dans la Commune dont il sort par chance sans encombre et finira ses études de chirurgien auprès de Paul Broca entre autres. Il s’intéressa à l’anesthésie localisée, mena des recherches pour en améliorer la pratique. Il s’impliquera dans de nombreux domaines, il rédigea des livres de vulgarisation à destination des étudiants en médecine, l’enseignement le passionna.

Éloge de Paul Reclus

Est publié enfin, une lettre reçue par l’association, dans laquelle une personne ayant quitté Sainte-Foy à l’âge de 9 ans, évoque ses souvenirs d’enfance et font revivre des lieux, commerces, artisans et habitants du début du XXe siècle

Souvenirs d’enfance à Sainte-Foy

J.P Faure, fils d’Élie Faure, partage sa réflexion sur l’apport de son père à la connaissance des Arts. Élie Faure, médecin et rédacteur d’une histoire universelle de l’art n’oublie jamais d’introduire dans son œuvre artistique son point de vue de biologiste. Des convergences entre l’art et la science sont exposées dans l’Esprit des Formes.

Recherches sur l’esthétique d’Élie Faure

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