Lucienne Salavert a largement contribué à ma célébrité en racontant, dans sa jeunesse, « les histoires » de Jean-Louis Matignon. Tant et si bien que mes petits-enfants m’ont souvent demandé de les leur écrire pour qu’ils puissent, eux-aussi, en profiter.
C’est ainsi que m’est venue l’idée d’évoquer mes souvenirs d’enfance ; mais en dressant le catalogue de « mes histoires » je me suis aperçu qu’elles manquaient vraiment d’intérêt et pouvaient être le fait de n’importe quel galopin du même âge. Aussi ai-je pensé qu’elles pouvaient, par contre, prendre un certain relief si on les plaçait dans le contexte de leur époque, c’est-à-dire, dans ma ville, ma maison et ma famille au début du 20e siècle.
J’ai voulu faire ce récit simplement, presque comme celui d’un enfant, et surtout en m’efforçant de ne pas tomber dans le piège qui consiste à regarder ses souvenirs à travers un prisme déformant. De toutes façons, je n’ai rien inventé de ce que je vais dire. Je ne sais si cela intéressera les petits enfants en question, mais une chose est certaine, c’est que, au soir de la vie, j’aurais pris plaisir à les raconter.
Ainsi est l’introduction de ce cahier entièrement écrit par J.L. Matignon, seront évoqués la maison familiale sise au sein de la bastide, la famille de commerçants (bouchers, tanneurs) mais aussi propriétaires terriens, l’évolution du commerce vers la quincaillerie et enfin le Magasin Central, seule survivance de la fortune passée.