Les Amis de Sainte Foy et sa Région
Société d'Histoire

Revue n°123

Une de nos membres nous livre son précieux témoignage de son enfance de petite fille née à Paris mais réfugiée avec sa mère dans sa famille paternelle à Sainte-Foy-la-Grande dès 1938. Elle a été le témoin des joies et des peines en temps de guerre dans une petite ville de province proche de la Résistance périgourdine. Les premiers mois avant-guerre seront faits d’un quotidien animé dans le restaurant de sa grand-mère où sa mère prête main forte, puis l’entrée à l’école maternelle difficile mais facilitée par une directrice bienveillante. Revient le souvenir de son père et de son oncle en tenue militaire qui marque la déclaration de guerre, l’explosion du pont suspendu de Sainte-Foy en 1940 et la terreur ressentie, l’arrivée des réfugiés parmi lesquels des gendarmes et leurs familles. Sa mère gérant le ravitaillement du restaurant avec les tickets de ravitaillement et les cahiers d’inscriptions obligatoires au restaurant pour y être client. La population de Sainte-Foy s’enrichit de grand nombre de familles nombreuses, beaucoup d’origine italienne, de nombreux enfants, notamment de Longwy, parfois des enfants sans parents, parents disparus pendant l’exode. Des liens se sont tissés avec certains qui ont tenu bien longtemps après la guerre. La « colonie » créée pour les enfants pendant les grandes vacances et qui a laissé de chaleureux souvenirs. D’autres souvenirs reviennent : des jeunes gens de passage conduits par un oncle, hébergés au-dessus des écuries, il fallait taire ces venues, les jeunes gens étaient juifs. D’autres allers-venues se remarquent car l’oncle fabrique de faux papiers. La difficulté des restrictions alimentaires, il fallait s’adapter et savourer les fruits du verger à la saison, le lait de la ferme et les châtaignes, les légumes du potager, les œufs du poulailler. Les événements se précipitent :  les cousins entrent en résistance, les hommes juifs réfugiés à Sainte-Foy sont raflés, une bataille entre Allemands et Résistants contraints les civils à se cacher. Et enfin la libération de la ville avec ses défilés, ses chants patriotiques et les règlements de compte. Le passage de Joséphine Baker dans son uniforme a fortement marqué la petite fille tout comme les cloches qui sonnent pour annoncer la fin de la guerre.

Une enfant à Sainte-Foy pendant la Seconde Guerre mondiale

Cette petite fille est restée à Sainte-Foy-la-Grande après la guerre, nous la retrouvons en 1947, admise après examen à entrer en sixième. Elle découvre les différents professeurs en fonction des matières, les changements de salles de classe. La fête est très présente, les professeurs participaient à leur organisation. Ces années furent heureuses mais les études se poursuivront à Paris après le baccalauréat.

Mes premières années d’école

 Le projet de piscine conduit à Sainte-Foy-la-Grande, permit l’ouverture de l’ouvrage en 1964. Pour son inauguration, des champions olympiques furent invités. Et ce fut la mise en service : 2 surveillants, 3 plongeoirs, un tremplin et parfois plus de 1000 baigneurs. Des compétitions eurent lieu grâce à l’engagement d’un couple Mr et Mme Boitaud, qui pendant des années surent organiser des soirées de compétition avec les villes alentours : les piscines vivaient pleinement. La piscine fut également le lieu de jeux d’eau du 14 juillet : les épreuves étaient drôles et le public jubilait. Ces compétitions ont parfois fait naître des vocations ainsi notre narrateur Jean-Louis Guérin est-il devenu Maître-Nageur. De cette expérience, il garde le souvenir de la bonne ambiance qui régnait avec les instituteurs et autres professeurs d’éducation physique, l’inquiétude de l’accident possible, les égratignures à soigner, les imprudents sur les plongeoirs sans parler des énormes branches de platanes qui surplombaient les plages et menaçaient parfois de tomber. En 1980, des défauts apparaissent : corrosion de tuyauteries, base de plongeoirs lézardées, portes des cabines et toilettes hors service. Notre maître-nageur a listé les difficultés mais les travaux n’ont pas eu lieu. Et la municipalité déplorant la baisse de fréquentation et des actes d’incivilité a décidé de la fermeture définitive de la piscine, lieu de rendez-vous entre jeunes, à l’issu d’un conseil municipal de novembre 2001.

La piscine de Sainte-Foy-la-Grande

Alain Morel nous propose une rapide évocation d’un discret retraité de Sainte-Foy-la Grande dans les années cinquante, ancien lieutenant-colonel d’Infanterie mais surtout compétiteur au croquet dans sa jeunesse qui lui valut le titre suprême aux Jeux Olympiques

Gaston Aumoitte, un résident foyen double champion olympique aux Jeux de Paris en 1900

Deux élèves du lycée Nationalisé Mixte de Sainte-Foy évoquent leurs années soixante-dix entre le lycée, cœur de leurs existences adolescentes et l’extérieur. Le souvenir d’un professeur de français qui savait capter l’attention dès les premières phrases de son cours, la stratégie du groupe pour épuiser les remplaçants en mathématiques, l’apprentissage enchanté du latin grâce à la bienveillance d’une professeure, les espiègleries dont les professeurs furent victimes. Souvenirs fabuleux d’une enfance heureuse, d’une jeunesse enchantée. Ils évoquent les enthousiasmes, les amitiés et les connivences. Ils n’en n’oublient pas pour autant les espiègleries, les craintes, les frayeurs, les repentirs.

Nos années lycée

Nous retrouvons Jeanne Barret, compagne dissimulée en homme, du naturaliste Philippe Commerson avec lequel elle récolta de nombreux échantillons botaniques pendant la première expédition autour du monde confiée à Bougainville (1766-1769). Les caisses contenant ses récoltes sont réceptionnées au Jardin des Plantes en 1773, Commerson est décédé à l’Île Maurice en 1773 et Jeanne Barret, mariée avec Jean Dubernat, rentre sur les bords de la Dordogne en 1775. En 1785, le travail de Jeanne Barret dans cette collecte naturaliste est reconnu et légitimé par l’octroi d’une pension. Nous découvrons deux documents : le décret d’attribution de la pension et le brevet de pension signé de Louis XVI. L’implication de Bougainville est avérée dans cette attribution mais plus largement cette reconnaissance tardive s’inscrit dans la promulgation de la loi du 31 octobre 1784 sur la réorganisation de la Marine. Cette loi généralise les pensions pour les gens de mer pour raisons de vieillesse ou d’infirmités. Le versement de la pension à Jeanne Barret sera interrompu en 1791. Jeanne Barret et Jean Dubernat se lancent dans de nombreuses démarches pour faire reprendre les versements.  Plusieurs documents sont présentés pour illustrer ce recours administratif qui permettra de rétablir cette pension en 1794.

Pension de Jeanne Barret (1785) et vicissitudes administratives (1793-1794)

Nous reprenons la saga des modestes paysans de Saint-Antoine, une narration sans concession de la dure condition du peuple des campagnes de 1865 à 1956.

Parcelles. Cultivateurs de Dordogne (deuxième partie)

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Sainte-Foy-la-Grande, à l'angle de la rue de la République et de la rue Victor-Hugo, cliché / graphisme Sophie Provain.

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